L’équipement requis pour faire de l’alcool maison

Pour fabriquer de l’alcool à la maison de façon sécuritaire et pratique, il vous faudra  probablement acheter certains équipements peu dispendieux et de matériaux de qualité alimentaire.

Toutefois, si votre intention est de fabriquer seulement de petites quantités ou de voir si le hobby vous intéresse avant d’investir de l’argent dans du matériel, vous pouvez vous créer un équipement de base à partir de matériaux disponibles à votre épicerie.

Les cuves de fermentation primaires et secondaires

La fermentation peut se faire dans à peu près n’importe quel pot bien nettoyé de grade alimentaire et auquel on peut fixer un couvercle. Ce qu’on recherche, c’est un pot avec une large ouverture pour pouvoir y ajouter et surtout, y retirer, des fruits, des herbes, des légumes etc.

Certains vont préférer effectuer la fermentation dans une jarre en verre, souvent appelée « tourie ». Une jarre en verre d’un gallon de jus de pomme ou de vin de table qu’on trouve en épicerie pourrait faire une tourie parfaite pour fabriquer de l’alcool en petite quantité.

La plupart des recettes de ce site ont été standardisées pour effectuer la fermentation dans une cuve de 1 gallon (3,78 L) et vous procurer entre 3 et 5 bouteilles de 750 ml d’alcool.

Une jarre en verre de 1 gallon se détaille neuve pour moins de 10$. Certains produits d’épicerie que vous possédez déjà (comme le vin de table ou le jus) pourraient déjà être contenus dans une jarre en verre que vous pourrez recycler en cuve de fermentation.

Le verre est facile à nettoyer et à stériliser. Le fait qu’il soit translucide permet de voir la transformation de votre moût en alcool se produire en direct. C’est une solution idéale pour fabriquer des alcools à partir de jus. On pourra y faire tremper des poches d’herbes si on veut ajouter des saveurs en les pendants dans le moût à l’aide d’une ficelle pour usage alimentaire. Il suffira de tirer la ficelle pour les retirer.

Par contre, si on a l’intention de fabriquer de l’alcool à partir de fruits frais, un contenant avec un couvercle plus large serait préférable. Il existe des pots en verre de 128 oz (1 gallon) à ouverture d’environ trois pouces qui peuvent aussi être achetés pour quelques dollars.

En fait, tout contenant blanc ou translucide de grade alimentaire, neuf ou usagé (mais ayant préalablement contenu des aliments) et portant la marque PET, PETE ou 2 HDPE à sa base pourrait servir de cuve de fermentation. Une cruche d’eau avec un robinet pourrait faire une excellente cuve de fermentation après qu’on y ait percé un trou sur le dessus pour y insérer une bonde hydraulique (airlock). Prenez note qu’un contenant usagé devra idéalement être nettoyé au savon chloré et ensuite stérilisé avec des sulfites ou de l’eau bouillante.

Ensuite, bien qu’on coupe habituellement la fermentation en deux ou trois phases, il est bon de savoir que la fermentation pourrait s’effectuer de A à Z dans le même contenant, surtout si on a l’intention de fabriquer des breuvages faibles en alcool qui sont fermentés en moins de 15 jours. Toutefois, ce contenant devra pouvoir être fermé hermétiquement par une bonde hydraulique laissant sortir le gaz carbonique du moût tout en empêchant l’oxygène d’oxyder votre breuvage.

En règle générale, les amateurs utilisent une cuve en plastique avec une large ouverture pour la fermentation primaire et une tourie en verre avec petite ouverture qu’on va munir d’une bonde hydraulique pour la fermentation secondaire et tertiaire.



Bonde hydraulique (airlock)

La bonde hydraulique permet au gaz carbonique créé durant la fermentation de s’échapper tout en empêchant l’oxygène de pénétrer dans votre moût. Ceci empêche l’oxydation du breuvage.

Le fonctionnement est simple. On remplit la bonde d’un mélange d’eau et de métabisulfite de potassium. On insère ensuite la bonde dans un bouchon de caoutchouc percé. Le bouchon et la bonde sont ensuite insérés dans l’embouchure de la jarre de fermentation.

Prenez soin de garder un espace suffisant entre votre moût et la bonde sans quoi la fermentation fera refluer le moût dans la bonde. Ceci pourrait entrainer la pénétration du mélange eau-sulfite dans votre moût. Les sulfites tueront la levure. Votre moût sera gâché.

Si vous utilisez la jarre de verre de 1 gallon montrée précédemment, un espace de trois pouces devrait normalement être suffisant.

La bonde hydraulique et le bouchon de caoutchouc peuvent être achetés pour moins de 10$.

Si vous voulez fabriquer un airlock rudimentaire à la maison, vous pourriez prendre un tuyau de PVC de grade alimentaire, transparent et flexible de 3/8 de pouce et assez long pour se fixer après votre bouchon, tout en pouvant se rendre jusqu’à un verre rempli d’eau. Vous fixez d’abord hermétiquement la première extrémité au bouchon de votre cuve de fermentation. Puis, vous mettez l’autre extrémité du tube dans le verre d’eau. Le gaz carbonique, en s’échappant de votre moût à travers le tube, causera des bulles dans le verre d’eau. Ceci empêchera l’oxygène d’entrer dans votre moût tout en permettant au gaz carbonique d’en sortir. Prenez soin de bien le laver et de le stériliser selon les méthodes discutées plus loin.

Siphon


Afin de transférer votre alcool de la cuve de fermentation primaire à la cuve de fermentation secondaire, puis, de la cuve de fermentation secondaire aux bouteilles, il vous faudra un siphon.

L’idéal est d’acheter une canne-siphon (racking cane), soit une tige rigide en forme de « J » qu’on glisse jusqu’au fond de la cuve, ou jusqu’à une certaine hauteur qu’on peut ajuster grâce à une pince si on veut être certain d’éviter le dépôt au fond. Cette canne est munie d’un tube flexible en PVC de grade alimentaire.

Toutefois, pour l’apprenti qui désire faire de l’alcool à peu de frais ou sans frais, on peut prendre encore une fois, un simple tuyau flexible en PVC de grade alimentaire de 3/8 de pouce et d’environ 3 ou 4 pieds de long et s’en servir pour siphonner l’alcool d’un contenant à un autre grâce à une simple succion.

Toutefois, si vous faites la succion avec votre bouche, vous pourriez alors contaminer involontairement votre breuvage.

Une solution simple serait de mettre une extrémité du tuyau dans une bouteille contenant un mélange d’eau-sulfites désinfectant, d’aspirer jusqu’à remplir le tuyau complètement, d’en boucher alors l’extrémité d’où se déversera l’alcool vers le nouveau contenant. Vous pourrez ensuite plonger le tuyau plein du mélange eau-sulfites dans votre cuve de fermentation en vous assurant de garder l’autre extrémité bouchée en tout temps. Une fois cela fait, mettre la première extrémité (celle bouchée) dans un bocal situé plus bas que votre breuvage et destiné à recueillir le mélange d’eau-sulfites contenu dans le tube. Débouchez alors le tuyau. Le liquide s’écoulera par succion. Lorsque le liquide clair deviendra complètement teinté par votre alcool, ceci vous indiquera que le mélange eau-sulfites s’est complètement écoulé. Vous pourrez alors boucher à nouveau l’extrémité du tube, puis le déplacer vers la cuve de fermentation secondaire ou la bouteille que vous voulez remplir. Cette technique nécessite un peu d’entraînement. Si vous ne bouchez pas bien l’extrémité, le mélange d’eau-sulfite pourrait se déverser dans votre breuvage. Vous devrez alors le jeter. Pratiquez-vous à quelques reprises avec une chaudière d’eau.

Il existe aussi des siphons à pompe manuelle ou des siphons électriques pour cette tâche. Ils sont un peu plus dispendieux.

Voleur à vin 


Le voleur à vin est un outil permettant de soutirer une petite quantité de votre moût pour ensuite le laisser couler dans une éprouvette ou un verre. Particulièrement pratique lorsqu’on veut soutirer un échantillon du moût pour en mesurer la densité, le voleur à vin n’est pas un outil obligatoire pour débuter.

Pour l’utiliser, il suffit de le stériliser, puis de l’insérer dans le moût à la profondeur voulue selon l’échantillon qu’on veut prélever. Pour retirer l’échantillon, il faut boucher l’orifice du haut avec le pouce, ceci empêchera le moût de couler par l’orifice du bas. On peut ensuite déplacer le voleur à vin vers le contenant dans lequel on veut verser l’échantillon et déboucher le trou du haut. Le liquide s’écoulera par gravité.

Hydromètre – pour mesurer le taux d’alcool 

L’hydromètre, peu dispendieux, est un outil intéressant, bien que non obligatoire, à avoir pour vous aider à déterminer le taux d’alcool potentiel de votre breuvage.

En mesurant la densité initiale de votre moût et sa densité finale, vous pourrez extrapoler le taux d’alcool effectif du breuvage.

L’eau a une densité de 1.0. Lorsque vous y ajoutez du sucre, vous faites augmenter sa densité. Votre moût, grâce à la levure qui convertira le sucre en alcool, tendra à retourner  à une densité avoisinant la densité de l’eau.

En théorie, plus la densité initiale de votre moût est haute, plus le taux d’alcool final sera élevé. Donc, jusqu’à un certain point, vous pouvez contrôler le taux d’alcool de votre breuvage en ajoutant du sucre à celui-ci. Il faudra alors prendre la densité initiale du moût avant d’ajouter la levure.

Notons que la levure, selon son type, tolérera un certain niveau d’alcool avant d’entrer en dormance. En réalité, on peut s’attendre à atteindre un taux d’alcool réel d’au maximum 15-17% dans les meilleures conditions et avec les meilleures levures.

La densité de votre moût devrait être prise initialement, puis ensuite chaque jour pour vous assurer que la densité diminue au fil des jours et donc que la fermentation va bon train. Ces données devraient être notées, ainsi que la température de votre moût, dans un cahier. Il est important, chaque fois que vous utilisez votre hydromètre, de bien le nettoyer avant et après, puis de bien le stériliser ainsi que vos mains avant de l’introduire dans votre moût.

L’hydromètre vous est vendu avec un guide et une échelle graduée expliquant comment mesurer le taux d’alcool ou comment estimer la quantité de sucre nécessaire pour obtenir un taux d’alcool donné. Nous donnerons un exemple plus loin dans la section vous expliquant comment faire du vin à partir de fruits frais.

Entonnoir


Je vous conseille fortement d’acheter un entonnoir en plastique pour usage alimentaire qui sera utilisé exclusivement pour fabriquer de l’alcool. Celui-ci vous servira en maintes occasions, que ça soit pour introduire du sucre dans une bouteille avant de la remplir de votre cidre, bière ou d’un autre alcool que vous voulez gazéifier ou encore, pour couler le mélange stérilisant dans une bouteille sans en renverser partout.

Prenez l’habitude de toujours le garder propre et stérile.

Les bouteilles

Pour le vin


Vous voudrez probablement embouteiller votre vin dans des bouteilles à vin. On peut acheter des bouteilles à vin neuves et en verre pour l’équivalent d’environ 1$ la bouteille dans un magasin de hobby bière et vin. L’autre façon moins coûteuse est simplement de réutiliser vos bouteilles de vin usagées de votre consommation habituelle. Vous pouvez aussi demander à vos amis ou à un restaurateur de votre région de vous les garder de côté.

L’important est de bien les laver avec un savon chloré immédiatement après l’usage, puis de les stériliser et de les laisser égoutter. Si vous n’avez pas de savon chloré, prenez au moins l’habitude de les rincer à l’eau chaude et savonneuse dans votre évier, puis laissez-les égoutter.

Si vous ne les lavez pas et ne les séchez pas correctement, il pourrait se former des moisissures dans vos bouteilles et elles devront alors être trempées dans du savon chloré et probablement que vous aurez aussi à les brosser. Le travail n’en vaut pas le coût et vous allez certainement préférer les jeter et vous en procurer de nouvelles. Les bouteilles qu’on recherche sont celles qui sont teintées et qui ne sont pas scellées avec des bouchons qui se vissent.

Dans tous les cas, il vous faudra acheter des bouchons de liège neufs pour l’embouteillage (à votre magasin de hobby bière et vin) et acheter, louer ou emprunter un bouchonneur pour insérer les bouchons de liège dans vos bouteilles. Les bouchons usagés ne peuvent pas être réutilisés tel quel. Vous pourrez, pas contre, les recycler. La plupart des magasins de hobby bière et vin récupèrent les bouchons usagés.

Pour la bière et le cidre

Pour les breuvages faibles en alcool comme la bière ou le cidre, vous pourriez simplement garder vos bouteilles de bière (celles qui ne se vissent pas). Il vous faudra alors les nettoyer et les stériliser puis les égoutter dès qu’elles seront vides. Un bouchonneur spécial et des bouchons pour bouteilles de bière peuvent être achetés dans votre magasin hobby bière et vin.

Vous pourriez aussi garder vos bouteilles d’eau ou de boissons gazeuses en portions individuelles. Encore une fois, on recherche les bouteilles teintées préférablement. Des bouchons de plastique neufs devront être achetés et utilisés. Vous ne pouvez pas réutiliser un bouchon usagé. Il ne scellera pas complètement votre breuvage et celui-ci pourrait se gâter. L’avantage des bouchons en plastique est que vous n’aurez besoin que de la force de vos mains pour les visser aux bouteilles. Aucun bouchonneur ou outil spécial ne sera requis.

Une autre option intéressante mais plus coûteuse, serait d’acheter ou de conserver des bouteilles qui utilisent un bouchon permanent avec clip. Le scellement de ces bouchons se fait avec une rondelle de caoutchouc qu’on peut réutiliser à plusieurs reprises et qui peut être remplacée pour un coût modique lorsque requis. L’avantage est d’abord esthétique, mais aussi, ça évite d’avoir à acheter un bouchonneur.