Ajouter de la saveur à votre alcool

 

essence pommeL’alcool, de par sa nature, est un solvant et il est en conséquence parfait pour extraire, retenir et préserver les huiles essentielles des herbes et épices.

Comme dans n’importe quelle recette culinaire, le goût brut des aliments peut être relevé de maintes façons en ajoutant d’autres aliments, des épices ou encore en mélangeant les saveurs.

Les possibilités sont gigantesques. À vous d’être créatif et de faire des essais. Je vous conseille par contre de soutirer de votre cuvée l’équivalent d’une à trois bouteilles qui vous serviront chaque fois de bouteilles tests, plutôt que de faire des tests sur l’ensemble de votre production. Cela évitera de gaspiller une cuvée entière avec une mauvaise recette.

Allez-y progressivement. Ajoutez les ingrédients en petite quantité, goûter, peaufinez, comme vous le feriez avec une sauce à spaghetti ou n’importe quelle autre recette.

Surtout, prenez des notes. Rien n’est plus frustrant que de goûter le meilleur vin que vous ayez fabriqué tout en ne sachant pas ce qui l’a rendu si bon.

Mélanger des cuvées

L’une des expériences que vous pouvez entre autre faire est la suivante. Disons que vous avez fait un vin à partir de fraise. Les fraises de votre cuvée manquaient un peu de mordant, le vin est un peu fade, vous êtes déçu et vous en avez pour 30 bouteilles. Ne le jetez pas.

Prenez une ou deux bouteilles de votre vin de banane et faites des mélanges. Vous vous retrouverez peut-être avec un vin fraise/banane qui vaudra de l’or. Vos invités se l’arracheront.

Vous pourriez aussi utiliser des vins de commerce, des liqueurs ou alcools forts afin d’agrémenter le goût de vos recettes. Les liqueurs ou alcools forts peuvent contenir des sucres supplémentaires qui pourraient être convertis en alcool et gaz carbonique par les levures. Il n’est donc pas recommandé de les ajouter à des alcools non stabilisés (sulfites et sorbate de potassium) ou destinés à être pressurisés.

Le temps fait bien les choses

Il arrive aussi que nous soyons trop pressés. J’ai dans ma cours arrière une pergola sur laquelle monte une vigne à raisin dont les oiseaux se gavent lorsqu’arrive la saison des vendanges. Je ne connais pas le cépage, mais les raisins sont bons au goût.

Une année, j’ai décidé de jouer un tour aux oiseaux et de couvrir les raisins de filets pour les empêcher de les dévorer. J’ai ensuite cueilli les raisins lorsque leur saveur est devenue optimale et j’ai transformé le tout en vin.

Une fois la fermentation terminée, j’avais hâte de goûter à ce que je pensais être un prodige de saveur. Le goût de ces raisins était si bon! Je fus toutefois fort désappointé. Le goût était exécrable. J’ai néanmoins décidé de le mettre en bouteille et j’ai glissé les bouteilles dans ma cave à vin.

Plusieurs mois plus tard, j’ai décidé d’ouvrir une des bouteilles sans trop de conviction et sans me créer trop d’attentes. À mon grand étonnement, cette cuvée s’était transformée en un très bon vin.

Parfois, le temps fait bien les choses.

Faire une infusion

Une autre façon simple d’ajouter de la saveur à votre cuvée est de faire un thé avec des herbes en les laissant infuser dans de l’eau bouillante. On laisse reposer le thé durant une trentaine de minutes afin de récolter le plus de saveurs possible. Puis, on filtre le tout à travers un filtre à café afin de ne conserver que le thé et on le verse dans le moût à la fin de la fermentation primaire.

Il existe de nombreuses recettes et compagnies de thé et tisane sur le marché qui peuvent fournir de nombreuses possibilités de recette.

Faire une macération

Encore une autre méthode pour donner de la saveur à votre cuvée est d’utiliser des fruits frais qui vont macérer dans le moût lors de la fermentation primaire. Ceci sera discuté plus loin dans la section «Quoi faire fermenter».

Le plus facile demeure peut-être d’utiliser des essences provenant du commerce. Par exemple, l’essence d’épinette, d’érable, d’orange, de pomme ou l’essence de vanille. Il existe de nombreuses essences de fruits sur le marché. L’important est de se rappeler que l’ajout de sucre à un alcool non-stabilisé ou destiné à être pressurisé peut être dangereux. Assurez-vous de bien lire les étiquettes afin de détecter la teneur en sucre de l’essence. Les essences étant très concentrées, il faut les ajouter avec parcimonie. Souvent, quelques gouttes par gallon suffisent.